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Birmanie

Dans Birmanie

Birmanie... OH OUI !

Par Le 23/11/2010

Avant notre départ pour Yangon, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre de ce pays dont on ne connait pas grand-chose, si ce n’est qu’il est gouverné par une junte militaire et que Aung San Suu Kyi est assignée à résidence… Notre visite en Birmanie n’a pas contribué à rendre les élections plus libres, ni à aider Aung San Suu Kyi à retrouver la liberté (quoi que cette dernière l’ait finalement retrouvée !)

Nous n’avons finalement vu que très peu de militaires, mais un de nos chauffeurs de taxi nous a dit : « They are everywhere, it can be you it can be me. They have eyes and ears everywhere ». Il nous a été impossible de nous approcher des bureaux de votes, les connections internet ont été limitées avant et après les élections, l’accès à Hotmail interdit et les appels vers l’international suspendus, on ne risquait donc pas de vous tenir informés de ce qu’il se passait dans le pays pendant les élections. Nos passeports ont été contrôlés à chaque changement de région et certaines parties du pays sont toujours interdites aux touristes…

Une fois le décor planté, voici nos impressions de voyage :

Toutes premières impressions… mitigées

Notre confrontation avec la « rigidité » birmane a débuté avant même que nous ayons quitté Bangkok ; avertis des difficultés de change rencontrées par des touristes revenant de Birmanie nous avons dû convertir nos euros en bahts thaïlandais puis en beaux dollars tout neufs (les billets pliés en deux ont un taux de change moins favorable en Birmanie, vous comprenez si Lincoln a une pliure sur le nez, ce n’est plus le même billet !).

Le vol au-dessus de la Birmanie a déjà été un dépaysement – très peu d’habitations, juste de vastes plaines agricoles et de nombreuses rivières. Zen. C’est seulement à l’approche de l’aéroport (pas plus grand que celui de Biarritz) que nous avons vu apparaitre quelques maisons… pas de quoi faire une ancienne capitale !

Une fois atterris, nous avons vécu en moins de 24h deux expériences vraiment contraires :

1. Après avoir récupéré nos bagages, nous n’avons même pas eu le temps de négocier le taxi qu’un professeur de sciences (d’origine turque) nous proposa de nous rapprocher du centre -ville avec son bus scolaire (oui oui, on n’a pas manqué de place !!!) et il a ensuite payé un chauffeur de taxi pour qu’il nous conduise à l’hôtel !!! « Welcome to Burma » nous a-t-il dit ! Vraiment super sympa !

2. Le lendemain, munis de nos beaux dollars qu’il n’est pas possible d’échanger dans les banques (ces dernières étant interdites aux étrangers) nous nous sommes dirigés vers les bijoutiers du marché de Yangon, vrais « dollars men ».  Le cours officiel est d’environ 1 dollar pour 7 kyats, mais allez savoir pourquoi le taux usuel est de 1 dollar pour 900 kyats (ça fait quand même une sacrée différence !!!). Il est écrit dans tous les guides qu’il ne faut surtout pas faire de change dans la rue et que seul le marché est une place sûre. Seulement quand Navina et Aurélien rencontrent des mecs proposant un change à 1 000 kyats, ils se lancent dans l’aventure… et quelle aventure ! Méfiants nous avons recompté et vérifié tous les 400 billets donnés par les « changeurs ». Nos billets en dollars étant plus faciles à compter puisqu’il n’y en avait que 4, mais les petits malins de « changeurs » ont réussi à en faire disparaître un et à nous traiter de menteurs, à se déshabiller pour nous prouver leur innocence! Heureusement nous tenions notre butin (leurs 400 billets) coincé sous la cuisse de Navina (l’endroit le plus imprenable de Yangon !). Certains de leur avoir donné le bon nombre de billets, il aura fallu qu’Aurélien hausse le ton et menace d’appeler la police (avec un téléphone cassé ça ne risquait pas de se faire) et que Navina verse quelques larmes de « déception » pour qu’ils fassent réapparaître par magie le billet américain manquant ! Une fois le « deal cancelled » nous sommes allés échanger sagement nos billets au marché comme tous les autres touristes, ça nous apprendra !

 

Et puis … un vrai bonheur !

Nous nous attendions à arriver dans un pays qui ressemblait à l’Inde il y a 100 ans, mais bien au contraire, les gens semblent plus éduqués, il n’y a que peu de déchets dans la rue, peu de harcèlements des marchands ou taxis (également lié au faible tourisme). Les gens ont aussi l’air plus heureux. Parfois, on se demande même si le gouvernement ne paye pas la population pour avoir l’air si joyeuse et accueillante, pour chanter et jouer de la guitare dans la rue…  On sent une réelle gentillesse chez les Birmans, tous nous posent plein de questions et s’intéressent à nous avec beaucoup de sincérité. 

Nous nous attendions aussi à ne trouver aucun produit exporté dans les magasins, mais quelques grandes marques ont réussi à franchir le mur : Coca, Nivea, Colgate…  certes il n’y en n’a pas en quantité industrielle mais on en trouve sur les principaux sites touristiques !

Après avoir visité la monumentale Paya Shwedagon (fabuleuse au coucher de soleil), nous avons quitté Yangon direction Kalaw en bus de nuit confortable mais avec l’« aircon » à bloc,  véritable congélateur dans lequel il est impossible de dormir ! Arrivés à 3h30 du matin, accueillis à l’arrêt de bus par une jolie petite fille qui nous a conduit dans son hôtel pour le reste de la nuit pour 3 USD et un petit déj’ inclus comme on en a encore jamais vu pendant notre voyage : assiette de fruits frais (papaye, banane, clémentine), beignets genre churros et confitures maison, œufs brouillés, toast, café, jus de fruit… le tout servi dans un beau service à l’anglaise. What else ?

Première journée de découverte du petit village de Kalaw, sous un magnifique ciel bleu et un grand soleil (météo fabuleuse que nous avons eu pendant tout notre séjour). Navina s’est vu offrir des fleurs pas plusieurs écolières avec en prime de jolis compliments : « You are pretty , so beautiful », succès qui se confirmera pendant notre séjour (dans la bouche des petites vendeuses ambulantes, ces paroles n’ont bien sûr pas la même valeur que dans la bouche des écolières !). Cette journée était placée sous le signe du football, après une visite de l’école Aurélien a rejoint des jeunes écoliers en longyi (sorte de jupe) pour une partie de football. Navina en a profité pour s’allonger dans l’herbe au soleil et écouter les rires des garçons à chaque ballon touché par Aurélien, ainsi que les chants scolaires de la classe avoisinante, un régal !

 

Nous poursuivons notre balade, et vivons à ce moment-là un des moments le plus magique de notre voyage jusqu’à présent : de jeunes moines vêtus de leur toges, jouaient au football sur un terrain bordé de stupas or et blanc (temples bouddhistes) … Aurélien, à peine remis des efforts consentis lors du match précédent s’est joint à eux, provoquant à nouveau une forte animation. Quelques fous rires et photos sympas !

    

Nous avons quitté Kalaw le lendemain pour un trek de 3 jours et 2 nuits chez l’habitant puis dans un monastère. Notre cuisinier était excellent, on ne peut pas en dire autant de notre guide qui, handicapé d’une jambe, dû nous abandonner en partie le 2ème et 3ème jour… Notre trek a été riche en paysages de campagnes vallonnées, et en rencontres – Navina a eu droit à une séance beauté au Tanaka (écorce d’arbre broyée avec de l’eau puis peinturlurée sur les visages des femmes et enfants, pour protéger du soleil et pour faire joli). Nous avons partagé tous ces moments avec 4 Anglo-Saxons sympathiques, que nous avons finalement suivis tout au long de notre séjour en Birmanie. Il n’y a pas tant d’itinéraires touristiques que ça en 17 jours étant donné qu’une partie du pays n’est pas ouverte au tourisme.

 

Notre trek s’est achevé au Lac Inle, entouré de jolis villages authentiques, dont les habitations sur pilotis sont faites de bambou, ici ni brique ni ciment ! Ni voitures d’ailleurs, le principal moyen de transport étant la pirogue ! Nous avons visité les villages bordant le lac à vélos, en canoë (promenade romantique dans un village flottant) et en bateau à moteur (le lac mesure quand même 20 Km de long). Nous avons dîné le premier soir dans un nouveau restaurant tenu par un cuisinier fort sympathique ayant vécu 4 ans en Angleterre, sa carte des desserts étant… vide, ce qui est un comble pour Navina, elle lui a dispensé un cours de cuisine le lendemain pour lui apprendre à faire un crumble aux pommes et un gâteau au yaourt (seule recette possible compte tenu des aliments trouvés au marché). Un régal ! Ajoutez à cela une visite d’un vignoble tenu par un français avec une dégustation de 9 vins à la clé, et le séjour idyllique s’avère aussi gastronomique !

 

Notre étape suivante fut Mandalay, grande ville dont la découverte fut rendue sympathique grâce à un conducteur de « Trishaw » (sorte de vélo « side-car ») qui nous concocta une super visite avec notamment la rencontre de moines anglophones  et nous offrit nos beignets favoris (toujours les fameux churros) ainsi qu’un paquet de gâteau pour le petit déj du lendemain… une pépite ! Nous avons ponctué notre journée de trishaw par un spectacle des « Moustache Brothers », comédiens connus pour avoir été en prison et condamnés aux travaux forcés, leur langue étant bien « trop » pendue au sujet du gouvernement ! Interdits de spectacle, ils se produisent désormais chez eux dans leur petite maison et sans costumes.

 

Les environs de Mandalay valent le détour : Amarapura, ancienne capitale, possède le plus long pont en teck du monde. C’est superbe, surtout quand on y fait la balade en bateau au coucher de soleil (romantique à souhait) et que s’offre à nous le spectacle des habitants traversant le pont presque tous en même temps pour rentrer chez eux après leur journée de travail : les moines se mêlent aux vendeurs à la sauvette, les fermiers accompagnent les femmes portant d’immenses plateaux remplis de fruits et légumes… Cet endroit a un charme fou ! Nous avons également visité Mingun, encore une ancienne capitale (l’histoire du pays est faite de guerres entre petits royaumes) où l’on trouve l’amorce de ce qui aurait dû être le plus grand stupa du monde, mais la mort du roi de l’époque a  mis fin à cette immense construction. Il ne reste qu’un immense socle de 50 mètres de haut, endommagé par un tremblement de terre en 1838, ce qui donne du charme au lieu.

 

Nous avons rejoint Bagan en bateau depuis Mandalay : enfin un moyen de transport pas éreintant ! Terrasses pour bronzer au soleil, salle de repos climatisée et salle de restaurant, que demander de plus !

Bagan, ou sûrement le plus beau site que nous ayons vu jusqu’à présent avec Tikal au Guatemala ! Un site d’une splendeur inégalée avec près de 4 000 temples datant du 11, 12, 13ème siècles regroupés sur une plaine verdoyante de quelques hectares. Pour comprendre l’incroyable densité de temples sur ce lieu, le Lonely Planet dit : « une comparaison possible pour le voyageur européen serait d’imaginer toutes les cathédrales du Moyen-Âge rassemblées sur un espace restreint, puis abandonnées et à peine touchées par le temps». Au charme du lieu, nous avons souhaité y ajouter le confort ! Nous avons pris un super hôtel avec piscine, chambre en tiges de bambou… et buffet de petit déjeuner, le tout pour 18 USD : Aurélien en a eu pour son argent puisqu’il engouffrait les pancakes par huit !

  

A la gentillesse des locaux s’est ajoutée la gentillesse des touristes que nous avons rencontrés (plus de rencontres que lors des 2 premiers mois de voyage) notamment les frenchies Camille, Josélito, Louis et Viviane, une famille d’anglais voyageant en Asie à vélo avec deux enfants de 2 et 4 ans pour les 6 prochains mois (waouh !), et sans oublier nos amis trekkeurs qui nous ont suivis tout notre voyage.

Bref… Nous avions beaucoup aimé le Népal et adoré l’Inde, mais la Birmanie (Myanmar pour les puristes) est désormais notre favori !